1Il est généralement admis que la théorie économique de la firme, telle qu’elle est aujourd’hui formulée s’est reconstruite, à partir des années soixante-dix, sur la base de la redécouverte d’un article de Ronald Coase de 1937 qui n’avait connu jusque là que peu d’audience. Stout (1999), « A Team Production Theory of Corporate Law », Virginia Law Review, 85(2): 247-328. (1997), Resources, Firms and Strategies. Antoine Reberioux. March et Simon en font même un point central de la théorie des organisations en posant que « Organization Theories describe the delicate conversion of conflict into cooperation, the mobilization of resources and the coordination of efforts that facilitate the joint survival of an organization and its members » (idem, souligné par nous). Coriat B. et Weinstein O. Williamson O.-E. (1991), « The Logic of Economic Organization », in O.-E. Williamson and S.-G. Williamson O.-E. (2000), « The New Institutional Economics: Taking Stock, Looking Ahead », Journal of Economic Literature, 38(2): 595-613. 17L’analyse de la firme proposée repose sur la notion de relation d’agence, qui sert à formaliser les relations entre des individus ayant des intérêts différents, et à déterminer des contrats incitatifs optimaux adaptés aux situations les plus diverses. En ce sens, il nous paraît juste de dire que, même si mention est faite ici ou là de la nécessité de prendre en compte les conflits entre acteurs sociaux, la contribution évolutionniste s’est faite autour d’un concept de « conflit » qui finalement est rapportable et est traité comme relevant de la problématique des seules dissonances cognitives. l’explication de la subst itution de la firme au marché, dan s la théorie dites du « Hold- up » (Williamson, 1979, 1985 ; Klein, Crawfo rd, and Alchian, 1978). 68Cette variété des firmes, les évolutionnistes vont en rendre compte en faisant observer que pour l’essentiel les décisions dans les firmes ne résultent pas de la délibération, mais de procédures « routinières » qui résultent soit d’interactions entre les agents, soit d’apprentissages auxquels ont été soumis les individus qui composent la firme. Partant, la prise de décision est un processus dont le résultat est largement imprévisible. C’est sur ces tensions que nous voudrions conclure cette section. 14 Voir sur ce point, l’importance de la firme comme entité, un ensemble de textes réunis dans Biondi et al.(2007). La théorie ultérieure de la construction de l’avantage compétitif – au cœur du Management Stratégique – trouvera ici l’un de ses fondements essentiels. Cet article propose une lecture critique des développements de la théorie de la firme, depuis la redécouverte, durant les années 1970, de l’article de Coase de 1937 sur la « nature de la firme ». », Colombia Law Review, 89: 1757-1774. Cette opposition apparaît très clairement si l’on confronte le contractualisme, fidèle aux fondements néo-classiques (théories de l’agence et des droits de propriétés) et les évolutionnistes. Les actionnaires sont en effet propriétaires du capital21, c’est-à-dire d’un des facteurs de production, mais ne peuvent en aucun cas être considérés comme les propriétaires de la firme. De processeur d’informations, elle s’est muée en processeurs de connaissances. Nous montrons que dans cette approche la spécificité de la firme n’est pas encore prise en compte de façon satisfaisante (2). Chapitre 3 - Notes de cours 3. 27 Sur la représentation de la « firme point » infiniment déformable et mue par les seules forces du marché, voir les développements que nous avons consacrés dans notre ouvrage Coriat et Weinstein (1995). D’une présentation à l’autre les inflexions ne sont pas portées sur les mêmes points, et partant ne conduisent pas nécessairement vers les mêmes propositions ou conclusions quant à ce qui constitue le cœur de la firme. 32D’un autre côté, la théorie des contrats incomplets va, contrairement à ce que fait Williamson, conserver les hypothèses comportementales standards : les agents sont supposés être parfaitement rationnels et maximisateurs. Cela a des conséquences majeures sur le déroulement de la relation contractuelle : le problème est alors de savoir, dans toute relation contractuelle, ce qui va se passer en cas d’événement imprévu. Notons simplement que supposer que les actionnaires supportent la totalité du risque parait hasardeux dans les conditions actuelles de fonctionnement des marchés du travail et des marchés financiers. 52L’idée que la firme n’est pas « mue » par des forces externes auxquelles elle ne fait que s’ajuster mais qu’elle est le lieu de prises de décision qui dépendent des interactions entre individus qui la composent modifie radicalement l’état des choses. 2) Ce qui caractérise fondamentalement la firme, c’est l’existence d’un pouvoir d’autorité, la firme est une organisation hiérarchique. Chandler A.-D. Jr. (1977), The Visible Hand. Williamson insiste sur ce point : « process matters » (Williamson, 1991 : 98). Elle n’est ni accidentelle, ni temporaire, mais constitutive de leur être même. 63Ces visions de Penrose vont connaître une série de développements majeurs. Théorie de la firme - Les contrats de productions en grandes cultures created by Agathe valabregue on Dec. 4, 2020 Cette limite correspond à un point d’équilibre de long terme, que la firme ne doit pas dépasser, si elle veut continuer à se diversifier et donc à croître. 8 Ce que nous avons qualifié de « firme-point » et « firme automate » (Coriat et Weinstein, 1995, chapitre 1). 7 « B exercises an authority over W if W permits B to select x. C’est d’ailleurs ce que Nelson et Winter reconnaissent presque explicitement lorsqu’ils écrivent: « … in contrast with the usual quest for microfundations in economics, seeking consistency with rationality asumptions, our quest is for consistency with the available evidence on learning and behaviour at both individual and organizational levels » (Nelson et Winter, 2002: 31). Trainer/in: Gisèle Umbhauer Startseite Le concept de coût de transaction apparait pour la première fois en 1937 dans l'article de Ronald Coase, « The Nature of the Firm ». Cela peut certes conduire à un conflit entre affectation de la propriété et affectation du pouvoir de décision (la question du rapport entre propriété et contrôle posée par Berle et Means). Second Edition. 50Dans l’introduction qu’il consacre à la présentation de ses essais, Cyert est explicite sur ce qui l’a conduit à se séparer de la théorie de la firme alors dominante et de proche en proche à poser les fondements d’une théorie alternative, désignée depuis comme théorie « behaviouriste » de la firme. 26 Wernerfelt (1984), Rumelt (1984), Teece et al. En général, W acceptera l’autorité si x0, la valeur de x choisie par B, est limitée à un certain sous-ensemble (la « zone d’acceptation » de W) de valeurs possibles »7. Il aborde tout d’abord la vision contractuelle dominante qui dérive des questions soulevées par Coase, et qui s’est structurée autour de trois grandes théorisations : la théorie des couts de transaction de Williamson, la théorie de l’agence, qui, avec la théorie (ancienne) des droits de propriété offre la nouvelle vision néo-classique de la firme, et la théorie des contrats incomplets et des droits de propriété qui tente de reformuler la théorie des couts de transaction. B.Klein, "Vertical Integration as Organizational Ownership: The Fisher Body-General Motors Relationship Revisited," Journal of Law, Economics, and Organization 4(1): 199-213 (Spring 1988), reprinted in Oliver E. Williamson and Sidney G. Winter, eds., The Nature of the Firm. Grâce à ce concept, la théorie des coûts de transaction est en mesure de rendre compte de l'existence de la firme dans une économie de marché. 25(iii) Et, très logiquement, il n’y a pas de différence fondamentale entre firme et marché. Belknap Press, Cambridge MA. Traduction française « Les institutions de l’économie », InterEditions, 1994. ), Approches évolutionnistes de la firme et de l’industrie - théories et analyses empiriques, Paris : L’Harmattan. That video has been produced with Explee: http://explee.com. 16 À la suite de Gibbons, on peut estimer que la théorie des coûts de transaction propose en fait deux explications de la supériorité (dans certains cas) de la firme sur le marché. Il est également permis de se demander en quoi l’internalisation limiterait les comportements opportunistes, et si, comme l’ont remarqué de nombreux économistes, la firme (comme le marché) peut fonctionner sans un minimum de confiance, incompatible avec des comportements purement opportunistes. Ce point de vue devrait être supporté par une analyse rigoureuse des conditions de fonctionnement des différents marchés des « facteurs de production », des conditions de partage du surplus créé par l’activité d’entreprise, et des modes de rémunération des différentes parties. Nouvelle édition [en ligne]. 27La théorie de l’agence propose par ailleurs une analyse des caractères propres de la forme majeure d’entreprise dans le capitalisme contemporain : la société par action. En mettant en avant le rôle des routines définies comme les « savoir-faire (skills) des organisations » et conçues comme « dispositifs de résolution de problèmes » (problem solving devices), en insistant sur le rôle décisif des apprentissages organisationnels, le basculement s’opère : de « nœud de contrats » la firme devient « noeud de compétences ». La firme dans la théorie économique jusqu’aux années 1970 a. L’entreprise vue par l’école néoclassique La fonction d’une entepise pou la théoie n éoclassique est un objectif simple : maximiser son profit en situation concurrentielle, avec à sa tête un entrepreneur individuel. Le droit de propriété comprend un droit de transférer ce droit à un autre, et la possibilité de le répartir entre plusieurs individus. Williamson se distingue en effet des néoclassiques par ses hypothèses sur le comportement des agents. BNP paribas invente la banque de demain L’opposition entre la théorisation contractuelle – la firme comme nœud de contrats – et la théorisation fondée sur les compétences – la firme comme système de compétences – reste bien à notre sens au centre des différences de conception. Pour véritablement distinguer firme et marché, il faut une distinction claire entre contrat de vente et contrat de travail, et entre contrat interindividuel et contrat entre individu et firme. Wernerfelt B. Ou alors, cela doit être fait avec un argument autre que celui de la propriété. 5 Dans une littérature abondante, on peut partir de Williamson (1985). Cyert R.-M. (1998) The Economic Theory of Organization and the Firm, Harvester-Whearsheaf, New York, Toronto. Alchian A.-A. C’est bien la firme qui est propriétaire des actifs, de même que c’est la firme – et non pas la direction ou le manager – qui entre dans une relation contractuelle avec les salariés, comme avec d’autres parties. The Toronto-based architecture and design studio led by Betsy Williamson and Shane Williamson, former partners of Williamson Chong Architects. Ce texte vise à préciser le contenu de la « relation d’autorité » qui serait propre au contrat de travail, en opposition à un contrat ordinaire, ou contrat de vente. (1997), Le concept de routine organisationnelle : entre cognition et Institution, thèse de doctorat de Sciences économiques, université Paris 13. Mangolte P.-A. Une perspective qui la distingue nettement de la vision coasienne. L’accomplissement de ce programme exige de penser la théorie de la firme comme le lieu de tensions entre trois séries d’impératifs (i) la gestion des informations – tant internes que venant de son environnement – ; (ii) la création et la gestion des connaissances et des savoir-faire qui traitent pour l’essentiel de questions relatives à l’état de la nature37 ; (iii) la gestion des conflits d’intérêts et des compromis entre les différentes parties prenantes, apporteurs de capitaux, travailleurs, clients et fournisseurs, et au-delà les intérêts plus généraux de l’économie et de la société. 36Cela étant, la propriété des actifs est au cœur de l’analyse : la répartition de la propriété est importante dans la mesure où elle affecte le niveau des investissements spécifiques réalisés initialement par les agents.